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Le départ de l'aéroport parisien Roissy - Charles de Gaulle
a été assez comique. La salle d'embarquement réunissait
plusieurs dizaines de passagers en partance pour des destinations asiatiques,
autrement dit des oasis de chaleur au regard de la rue parisienne sous
le ciel de février. Sur les banquettes où siégeaient
les passagers en attente, tout le panel des tenues était donc représenté,
de la plus hivernale à la plus estivale !
L'avion de Paris à Abu Dhabi via Bahreïn comptait beaucoup
de backpackers. Les vols opérés par Gulf Air sont en effet
particulièrement économiques et bon nombre de routards de
tous les âges en partance pour l'Asie choisissent cette compagnie.
Autour de moi, les uns allaient à Bangkok, d'autres remontaient
vers Kathmandou, quelques uns poursuivaient jusqu'à Kuala Lumpur.
J'ai fait des rencontres intéressantes dans cet avion. Mes trois
voisins marseillais par exemple partaient au Népal faire un 8000
mètres et acheminaient au passage plus de 30 kilos de médicaments
pour un village près de la capitale. Devant moi, il y avait un
jeune gars qui vit entre l'Asie et la France. Il vit en faisant les marchés,
spécialement ceux de Noël et des plages en été,
et le reste du temps il se balade et prospecte en Thaïlande, en Indonésie
ou ailleurs pour trouver LE produit qui va cartonner. Apparemment, la
fringue c'est saturé, le jeu en bois revient après avoir
été saturé aussi (mais il faut bien les connaître
et ça prend du temps d'expliquer les règles aux éventuels
acquéreurs !), et le sac marche toujours bien...
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Arriver dans l'aéroport d'Abu Dhabi, c'est comme entrer dans une
nouvelle dimension. Il est tout petit, plein comme un oeuf et la moitié
de la Terre semble s'y croiser ! D'ailleurs c'est bien de cela qu'il s'agit
: Abu Dhabi et quelques autres villes des Emirats (Bahreïn, Dubaï...)
sont les hubs de la compagnie Gulf Air et font transiter des passagers
de partout vers partout, de San Francisco pour l'extrême ouest à
l'Australie pour l'extrême est. Entre les deux : Peshawar, Dar Es
Salam, Kathmandou, Damas, Nairobi, Le Caire, Delhi, Bangkok...
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Une fois sorti de l'avion, on remonte plusieurs couloirs et on débouche
sous une sorte de champignon géant, un champignon assez magique
à vrai dire au vu de sa décoration qui ferait scotcher plus
d'un. Du "pied" à l'intérieur du "chapeau",
ce champi est couvert de mosaïques arabisantes bleues, vertes et
blanches. Dans un autre style on pourrait s'imaginer à l'intérieur
de l'un de ces oeufs russes peints à la turkmène ou bien
dans "Alice aux pays des merveilles ottomanes". A mi-hauteur,
un étage fait le tour du "pied" et offre une vue plongeante
sur le rez-de-chaussée, occupé par des bijouteries gorgées
d'or, quelques Mercedes à gagner par tombola et de nombreuses marques
de luxe - sans compter les boutiques duty-free, qui doivent probablement
compter parmi les gros chiffres d'affaires du monde.
Même à cette petite heure du milieu de la nuit, l'ambiance
est survoltée et les discussions résonnent sous la voûte
carrelée. Les fuseaux horaires s'emmêlent et livrent au sommeil
des Occidentaux fraîchement arrivés, décalqués
par le décalage horaire, affalés sur les sièges,
tandis que des gamins en pleine après-midi courent autour de leurs
mères voilées du bout des gants aux pointes des socquettes.
C'est une Babel où l'on croise des hommes d'affaires des cinq continents
dans le costume international du business, des Saoudiens en gandoura et
keffieh, des Indiennes en sari, des babs en tunique etc. Bref, on se croirait
à la fois partout et nulle part. L'aéroport d'Abu Dhabi
présente un mélange déroutant de cultures en juxtaposition,
qui se côtoient apparemment sans heurt même si elles adoptent
des formes quasi opposées.
Il y a notamment un brassage de licence et d'interdit très déconcertant
: ainsi, dans les kiosques qui proposent la presse internationale, des
femmes blondes, bronzées et court vêtues, au décolleté
qui lève tout mystère sur leur anatomie, feuillettent des
magazines de mode ou de cinéma où des décolletés
bien moins tapageurs sont recouverts au feutre noir... Le tout à
quelques mètres d'autres femmes dont on ne distingue à peu
près que les yeux...
Autre bizarrerie, il n'y a pas de porte d'embarquement n° 13 !
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