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Ici on tombe denchantement en ravissement ! Bundi se prête
parfaitement aux premiers pas en Inde. Cest une petite ville posée
entre deux crêtes qui pointent lune vers lautre comme
les petits portes en métal quil y a en bas des flippers.
Toutes les rues convergent en une seule, qui grimpe vers le palais du
Maharadjah, posé sur le flanc de lune des crêtes.
Lhistoire de ce Maharadjah est assez curieuse : Bundi a été
lune des rares régions à rester indépendante
pendant la colonisation anglaise. Ce nest quen 1947 lors de
lindépendance de lInde, qui est alors devenue une nation
souveraine, que Bundi a rejoint le giron national. Cinq ans plus tard,
le Maharadjah de lépoque a quitté son grandiose palais
pour un autre, plus petit et en contrebas dans la ville. Et oui, qui dit
pas de pouvoir officiel dit pas de prélêvements fiscaux non
plus et donc pas dargent pour entretenir ce monument qui a quand
même abrité une dynastie de 46 rois depuis sa création
en 1347.
Le premier Maharadjah de Bundi a fait construire la plus grande part du
palais. Il avait beaucoup dépouses, aussi la partie de lédifice
réservé aux femmes, le zenana, est bien dix ou quinze fois
plus grande que les appartements dévolus au Roi, à ses proches
et à l'exercice du pouvoir. Il faut dire que les femmes, contrairement
à lui, ne sortaient guère si ce n'est pas du tout
Pour compenser l'enfermement, des attractions ont été construites,
entre autres une piscine assez épatante et une gigantesque balançoire
qui promet des loopings à se décrocher les sept voiles.
Cette balançoire ressemble à un très haut porche
sculpté où est accrochée une barre métallique
qui devait devait tenir le siège. Les appartements de la Maharani,
la première épouse, sont admirables. Les murs sont couverts
de fresques aux sujets divers, des multiples dieux hindous sous plusieurs
de leurs formes aux représentations du roi son époux dans
de glorieux moments sans oublier eh eh quelques scènes de kamasutra
pas piquées des hannetons. Il y a également détonnantes
incrustations en miroir, des enluminures qui semblent peintes au cheveu
et des motifs remplis à la feuille dor ! Mais les infiltrations
deau durant la mousson ont effacé des pans entiers de décorations.
Autres beaux endroits, plusieurs balcons suspendus à la muraille,
avec des dizaines de mètres de vide sous les pieds, offrent une
vue à couper le souffle. On se croirait assis dans le ciel.
Il y a comme dans les harems toutes sortes dastuces architecturales
pour que les femmes puissent voir sans être vues (il faut bien soccuper),
des plus classiques paravents en pierre ou en métal sculptes aux
marrants petits trous fondus dans les motifs decoratifs. Ceux qui donnent
sur la cour privée du Roi, où avaient lieu des représentations
de danse et de musique, sont multiples et sadaptent même à
toutes les morphologies : plus ou moins écartés lun
de lautre, les doubles trous peuvent convenir à toute concubine
ou épouse quel que soit lécartement de ses yeux !
Cela étant, les aspects tragiques de la vie d'une concubine, en
plus de l'enfermement, sont également présents à
l'appel : à côté de la balançoire géante
il y avait la marche sur laquelle avait lieu le sati, l'immolation des
veuves.
Et pour finir sur une note moins dramatique, jallais oublier les
quelques passages secrets qui conduisent des appartements du Maharadjah
au zenana et à celui de la Maharani
Des escaliers très
très étroits et tortueux à souhait, installés
entre deux blocs de salles, totalement impossibles à détecter
ou même à soupçonner...
Bref, ce palais est un incroyable dédale de marbre, de fresque
et dor, et à l'époque (et même il y a 60 ans)
il devait être fabuleux. Aujourdhui, un grand nombre de pièces
sont à labandon, au bénéfice des chauve-souris
et des singes qui s'y sont installés.
Pour en finir avec lhistoire de cette famille royale, le dernier
Maharadjah en titre vit donc un petit palais en ville et faute de descendance,
cest avec lui que séteindra la dynastie de Bundi.

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