Posté le : 02-03-05 à 15:56
Titre : Jaipur

A la gare des bus de Jaipur, j’ai decidé de rejoindre la guesthouse à pied, histoire de commencer à voir un peu la ville.
Bon, sur le plan, ça faisait proche, en fait pas trop ! En plus je n’avais qu’une croix sur une carte et une adresse recopiée, ce qui est assez léger comme indications lorsque tous les noms des rues sont en hindi et que le plan n'indique que les grosses artères… Heureusement les vendeurs dans les échoppes sont souvent prêts à aider.
Apres coup, je me suis rendue compte de plusieurs choses : 1. personne ne marche ou presque (pour 50 mètres oui, les très très pauvres aussi mais sinon non), 2. la rue est un espace d’hommes, les boutiques sont tenues par des hommes et les clients sont des hommes. Les seules femmes que j'ai vues étaient en rickshaw ou en cyclo.

L’espace public, après ces premieres journées en Inde, me semble tres régenté ; on ne circule pas n’importe où et n’importe comment selon le sexe et le fait d’être accompagné ou non, d’une personne du même sexe ou non. Déjà, il y avait eu le coup des wagons "Ladies only" dans les trains de Bombay, puis les compartiments de femmes dans les trains nationaux, et maintenant c’est au niveau de la rue que ça parait. En allant faire un tour en ville, une fois installée, j’ai constaté la même chose. Pas de femmes indiennes piétonnes ou presque.

Sinon, pour en venir à la ville elle-même, diantre, ça change ! Elle compte 2 300 000 habitants, c'est la capitale du Rajasthan. Rien à voir avec Bombay : la vieille ville est ancienne et la neuve ressemble à un grand lotissement. Pas de tours ni de centres commerciaux. La couleur qui lui a valu le nom de "Ville rose" (une teinte très tarama au saumon) lui donne du cachet. Les murs en sont couverts et de temps à autre la peinture est refaite, comme dans la photo qui précède.
Jaipur est organisée à la manière d'un bazar : la vieille ville est un damier découpé par de longues et larges artères bordées de centaines d’échoppes, regroupées par corps de métiers comme à Bundi. Quelques portes percent les facades et ouvrent le passage vers un labyrinthe serré d'allées étroites, où le commerce bat son plein.

Pour finir la journée "transports dans tous leurs états", j’ai pris un cyclo et quelques rickshaws. Dans les seconds, franchement, c’est la fête foraine, de véritables autos tamponneuses les collisions en moins. Mais qu'est-ce qu'un rickshaw ? C'est la même chose qu'un tuk tuk à Bangkok (remember 2002) c'est-à-dire un objet roulant entre le kart et le triporteur, avec un toit, pas de portes, un siège pour le chauffeur et une petite banquette pour les passagers. Ca se conduit un peu comme une moto, d’ailleurs il y a un guidon et non pas un volant, et les gars aux commandes mettraient des K.O. par abandon à tous les coursiers de Paris et Marseille réunis. Je ne pensais pas que ça pouvait être aussi maniable, surtout avec un champ de vision aussi réduit (le micro parbrise est encadré de vignettes représentant une bonne partie du panthéon indien).