elores.com - Mémoire de maîtrise de lettres modernes

Mémoire rédigé par Elodie Ressouches.
Contact : elodii@yahoo.fr

Introduction

1 - Internet ouvre des horizons aux institutions littéraires
   A. Les bibliothèques numériques   
   B. Les expérimentations littéraires
   C. La centration sur le lecteur

2 - Les acteurs traditionnels résistent
aux NTIC
   A. Des sites web à la mode "papier"
   B. L'échec du livre électronique
   C. Le semi échec de l'édition électronique

3 - Un champ littéraire numérique
est-il en devenir ?
   A. Un champ recentré sur l'écriture :
   l'auteur exposé
   B. Un champ recentré sur les relations    littéraires : l'auteur retrouvé

   C. Un champ recentré sur le littéraire :    institution versus réseau

Conclusion
Bibliographie
Webographie
Lexique


Recensé par l'Infothèque francophone de l'Agence universitaire de la Francophonie.


Conseillé par le centre "Hubert de Phalèse" (Sorbonne nouvelle - Paris 3).

Cité par Etienne Mineur dans "Le point sur les papiers électroniques" (01.08.2007).

Cité par François Bon dans "L'Internet comme fosse à bitume" (17.02.2007).
 

Le passage à l'écran des institutions littéraires est plus profond qu'il n'y paraît. Les changements évoqués ci-dessus font partie des plus voyants, mais ils ne participent guère de la fondation du champ littéraire numérique. La révolution qui a en effet été tentée s'est heurtée de plein fouet aux résistances attachées à la littérature sous ses formes traditionnelles telles que le livre et le texte linéaire.
Ce n'est souvent qu'à travers l'évolution des usages qu'apparaissent les véritables réformes. Les innovations techniques sont condamnées à l'échec si elles ne sont pas d'emblée plébiscitées et adoptées par un large public. Le cas du livre électronique en est une démonstration. Le rythme des révolutions techniques est bien plus rapide que celui des transformations des usages et des pratiques, même dans le domaine de la littérature. Dans l'essai collectif Où va le livre ?, qui rassemble des spécialistes du livre et de l'édition pour faire le point sur les bouleversements que vit actuellement l'univers du livre, Jean-Yves Mollier conclut :
"L'histoire longue de la lecture montre avec force que les mutations dans l'ordre des pratiques sont souvent plus lentes que les révolutions des techniques et toujours en décalage par rapport à celles-ci."

Révolution versus mutation : ces types d'évolution diffèrent autant dans leur mode opératoire que dans leur portée. La première est d'après le Robert un "changement brusque et important" tandis que la seconde correspond à une "transformation profonde et durable", plus adéquate pour amorcer un champ littéraire qui serait numérique.
A l'inverse des pseudo nouveautés très "tape-à-l'œil" étudiées dans la première partie et des "coups d'éclat" sans lendemain envisagés dans la deuxième, cette troisième partie montre donc comment les structures des institutions et les rapports qu'elles entretiennent traditionnellement sont en mutation.

Ainsi, le champ littéraire numérique en devenir réactualise des comportements sociaux disparus. Il réinsère notamment le lecteur dans la sphère du littéraire. Le lecteur en était écarté depuis l'escalade commerciale de l'industrie du livre, qui l'a relégué tout au bout de la chaîne, au rang de simple consommateur.
La réactualisation de formes anciennes telles que les salons de discussion, évoqués plus haut, demeure cependant toute relative. Comme nous l'avons vu, le champ littéraire est investi par les lecteurs via les forums et les listes de diffusion. Ces communautés de e-lecteurs regroupés autour de totems tels que le site Zazieweb ou les forums de Télérama n'ont de commun avec les habitués des salons d'antan que le goût de la lecture et du débat. Cela, certes, est central, mais si la lettre est restée, l'esprit a bel et bien changé. Les salons d'alors "se distinguent plus par ce qu'ils excluent que par ce qu'ils rassemblent" . Aujourd'hui les sites et les listes cherchent davantage à rassembler les amateurs qu'à les discriminer, ou alors sur des questions de goûts. L'origine sociale des publics a aussi beaucoup changé : l'école pour tous et l'accès aux biens culturels a ouvert à la majeure partie de la population un secteur longtemps resté exclusif.
Si des parallèles peuvent être établis entre l'époque classique et aujourd'hui, il apparaîtra donc dans cette partie que le passage de l'écrit à l'écran fait émerger des conditions inédites et propres à la nature numérique du champ littéraire en devenir et que les actions des écrivains participent largement de ces mutations.

Plan

A. Un champ recentré sur l'écriture : l'auteur exposé

B. Un champ recentré sur les relations littéraires : l'auteur retrouvé

C. Un champs recentré sur le littéraire : institution versus réseau

Conclusion de la deuxième partie