elores.com - Mémoire de maîtrise de lettres modernes

Mémoire rédigé par Elodie Ressouches.
Contact : elodii@yahoo.fr

Introduction

1 - Internet ouvre des horizons aux institutions littéraires
   A. Les bibliothèques numériques   
   B. Les expérimentations littéraires
   C. La centration sur le lecteur

2 - Les acteurs traditionnels résistent
aux NTIC
   A. Des sites web à la mode "papier"
   B. L'échec du livre électronique
   C. Le semi échec de l'édition électronique

3 - Un champ littéraire numérique
est-il en devenir ?
   A. Un champ recentré sur l'écriture :
   l'auteur exposé
   B. Un champ recentré sur les relations    littéraires : l'auteur retrouvé

   C. Un champ recentré sur le littéraire :    institution versus réseau

Conclusion
Bibliographie
Webographie
Lexique


Recensé par l'Infothèque francophone de l'Agence universitaire de la Francophonie.


Conseillé par le centre "Hubert de Phalèse" (Sorbonne nouvelle - Paris 3).

Cité par Etienne Mineur dans "Le point sur les papiers électroniques" (01.08.2007).

Cité par François Bon dans "L'Internet comme fosse à bitume" (17.02.2007).
 

A. Un champ recentré sur l'écriture : l'auteur exposé

Les sites web consacrés à des écrivains sont très nombreux. Libération en a publié une sélection qui donne un bon aperçu de la diversité littéraire déployée sur la Toile. Les auteurs en "A" vont ainsi d'Alphonse Allais à Averroès en passant par Christine Angot, Louis Aragon, Antonin Artaud ou encore Isaac Asimov.

Les écrivains disparus sont relayés par des groupes de recherche, des associations ou encore des amateurs éclairés. Pour les auteurs contemporains, on retrouve les mêmes ainsi que les maisons d'édition, dont les pages détaillent la bibliographie, donnent quelques extraits et fournissent plus ou moins d'informations personnelles.

Parmi les amateurs, L'association des amis de Michel Houellebecq a créé un site que la présidente, Michelle Levy, a "dédié à Michel Houellebecq dont l'œuvre et la personne illuminent [s]a vie". Une recherche sur la Toile montre que Houellebecq et son œuvre sont âprement disputés par ses aficionados : les animateurs du site L'autre Michel Houellebecq ont "fondé ce site parce que l'A.M.H. ou 'Association des Amis de Michel Houellebecq', cette 'première association d'amis d'écrivains vivants', cette 'association de notre temps' est la tartufferie la plus grotesque qu'on puisse imaginer, la honte du web littéraire". La publication sur le web est libre tant que les contenus mis en ligne ne tombent pas sous le coup de la loi : tout un chacun peut donc monter sa propre tribune mais comme le montre cet exemple de fâcherie stérile, le littéraire est parfois perdu au bénéfice de la polémique. On ne sait pas toujours ce que l'écrivain pense de ce battage autour de lui et de son œuvre.

Les auteurs auxquels nous allons nous intéresser sont ceux qui tiennent eux-mêmes leur site Internet. Se mettre ou ne pas se mettre en ligne : la question mérite d'être posée car l'exposition d'un écrivain est toujours médiatisée. On parle de lui, on le fait parler… Sa parole, dans un contexte médiatique, est rarement libre : les publications et les diffusions d'entretiens sont soumises aux lois du genre. Que ce soit dans les excès de discrétion ou d'exhibition, le rapport aux médias n'est, de plus, jamais découplé des questions d'image et de promotion. Pour être interviewé, il faut une actualité ou bien être un "bon client" médiatique. De plus, les lignes éditoriales ajoutées au format restreint des articles et des émissions empêchent le plus souvent de faire une prestation personnelle ou d'entrer dans les détails d'une création, d'une problématique. Pour un écrivain, l'accès au public est soumis à de multiples relais qui le cantonnent à faire de la représentation. Avec Internet, il a la possibilité d'entrer directement en contact avec son lectorat et de s'exposer comme il le souhaite.

La décision de créer un site n'est pas à prendre à la légère. L'engagement personnel et technologique que nécessite la création d'un site chasse toute idée de dilettantisme.
Les motivations sont très diverses. Pour le poète Jean-Michel Maulpoix, la création de pages personnelles relève presque d'un devoir de modernité :
"D'autres motifs ou mobiles sont venus se conjuguer à cette espèce d'amicale contagion initiale. Par exemple, une espèce d'excitation trouble à être présent "sur la toile". Nulle part et mondial tout à coup. Encore un peu plus contemporain. Un peu plus là dans le nulle part."

Aujourd'hui la Toile est un média reconnu par la plupart des gens. La position de Jean-Michel Maulpoix, résolument tournée vers une certaine idée de la contemporanéité, a pourtant causé un petit choc culturel "à Paris, au quartier latin, rue de Verneuil, dans la 'Maison des écrivains' (et si compréhensivement accueillant que soit ce lieu)", et "on se trouve enclin à plaider : on se sent suspect d'avoir commis une faute. On a contrevenu aux lois de l'écriture. D'où effort pour légitimer, se dédouaner...". Comme les institutions littéraires qui se mettent en ligne avec force précautions, quelques-uns des hommes de lettres envisagent encore en terme de dualité la littérature et les NTIC.
Dans un article de 1999, Florence Noiville dissociait fortement les auteurs "papier" des expérimentateurs que nous avons évoqués dans la première partie :
"Les sites des écrivains traditionnels ont pour la plupart d'entre eux des fins autres que créatives"

Aujourd'hui les "écrivains traditionnels" ne se limitent pas à faire de leur site une simple vitrine de leur bibliographie. Ils en font une véritable plateforme modelée à leur image.
L'intitulé des sites est une bonne introduction à l'esprit développé par l'auteur :

"Le Site Officiel de Francis MIZIO"

Pour Francis Mizio, auteur de romans policiers, les majuscules et la formule consacrée site officiel accusent la vanité de l'expression. Cette ironie annonce la tonalité très iconoclaste du site (et plus généralement de ses livres).

"Feuilles de route"

Thierry Beinstingel publie des " Feuilles de route " hebdomadaires depuis la parution de son premier livre en 2000. Ce site " purement personnel sans préoccupation esthétique ou graphique " emprunte son nom à un poème de Blaise Cendrars. Dans une veine très différente, l'intitulé est donc aussi expressif que le premier : il traduit par une référence personnelle une idée de voyage dont l'auteur a fait sa démarche web : " on part, on ne sait pas où on va " . L'idée de feuilles de route semble plus adéquate à l'auteur car l'entreprise qu'il mène est " quelque chose dont on ne voit pas forcément le bout ". Des carnets de route, à l'inverse, implique une fin, " quelque chose que l'on regarde après l'avoir fini ". Les textes que Thierry Beinstingel publie dans ses pages personnelles sont écrits sur le vif et il ne les retouche jamais. Ils forment le témoignage d'une démarche au jour le jour.

"François Bon, pages personnelles"

Ce troisième intitulé est plus sobre que les précédents mais il donne en quatre mots la nature exacte de l'objet. L'idée de " pages " évoque un espace plus réduit, plus intime que celle de site. La qualification " personnelles " renforce ce sentiment et donne au visiteur l'impression d'entrer chez quelqu'un, en l'occurrence de pénétrer dans l'intériorité de François Bon. Le site initial de l'auteur, remue.net, est devenu celui de l'association éponyme ; l'écrivain n'a gardé qu'une petite section pour son usage.


Jean-Michel Maulpoix et Cie… poésie, prose critique littéraire"

Le poète s'inscrit dans le collectif " et Cie " que ne dément pas le sommaire : des anthologies, des lectures et des cours sont publiés sur le site parallèlement aux travaux personnels de l'auteur. Ces deux champs sont répartis comme l'indique le titre " poésie, prose critique littéraire " : le côté gauche de la page se réserve aux publications personnelles tandis que le côté droit ouvre ses perspectives à d'autres poètes et époques.

Cet aperçu montre qu'il y a autant de sites d'écrivain que d'écrivains : la personnalité des auteurs est fortement reflétée par le style du site. Cependant, si on constate de nettes divergences sur la forme, le fond des sites et notamment leurs fonctions traduisent des préoccupations communes.

Les pages personnelles d'auteurs ont pour principale fonction l'exposition de l'écrivain et de sa production : biographie, bibliographie, publication d'extraits, d'œuvres complètes ou d'inédits, archivage de critiques, de documents préparatoires, annonces de rencontres, de projets, de sorties…
Ainsi, François Bon, Christian Combaz, Renaud Camus ou encore Valère Novarina mettent à la disposition du public des informations sur eux-mêmes et sur leur œuvre, de manière plus ou moins étendue.
Ainsi le site de Christian Combaz est axé sur sa bibliographie :
"Christian Combaz Bibliographie - Extraits"
A la journaliste Florence Noiville, il expose la situation problématique à laquelle sont confrontés les auteurs contemporains en librairie :
"Le système de la vente de livres est devenu absurde. La rapidité de rotation est telle que les trois quarts des écrivains de mon âge, qui ont une dizaine d'ouvrages derrière eux, n'en ont que deux en librairie. 80 % de leur production est morte. Internet est une vitrine pour ce travail qui, sans cela, passerait aux oubliettes."
Pour lui, Internet sert surtout à rendre accessible la part non exploitée d'une œuvre. Le site remplit parfaitement cette fonction :
"pour consulter un extrait de chaque oeuvre, prière de cliquer sur son titre"
Il propose d'autre part deux romans en "version intégrale à télécharger" : Lettre à Raymond qui ne croit pas au bon Dieu et De l'Est, de la peste et du reste.

La rubrique "Textes" de Tanguy Viel était faite d'"Ecrits personnels et pour la plupart non industriels". L'intérêt de cette "publication" sur le site personnel est de rendre publics des écrits qui ne pourraient être publiés de manière traditionnelle, qu'ils soient trop courts pour être publiés seuls ou trop disparates pour constituer un recueil.

Ce hors champ prend place également chez François Bon, qui propose sous le titre "Archives personnelles" un "Petit musée des textes personnels introuvables". La mise en ligne de travaux inédits participe de l'éclairage de l'auteur. Les recherches et les degrés d'aboutissement successifs d'un roman, les textes contemporains de la rédaction d'un roman publié, des essais, des articles... sont autant d'approches originales sur une œuvre calibrée par l'éditeur :
"En tant qu'auteur, utiliser l'outil Internet pour une sorte de visite d'atelier, mettre à disposition autour de mes livres ce qui en est le substrat me semble de plus en plus aller de soi. Ce qui me surprend, c'est qu'on soit encore si peu d'auteurs à entretenir un site personnel."

Les sites d'écrivain se situent donc à mi-chemin entre la table de travail et les publications officielles et évitent à nombre de textes de rester lettres mortes. Ainsi, les entretiens et les articles sont rarement rassemblés en volume du vivant de leur auteur, pourtant, le fond de leur travail y est expliqué. Pour parer à cet éparpillement et aux pertes que cela constitue pour le lecteur amateur, les auteurs ont exploité les ressources de leur site : Christian Combaz a créé sa revue de presse, Francis Mizio évoquait son cheminement à travers trois sections : "Bibliographie", "A paraître" et "En gestation".

La création d'un site est pour son auteur l'occasion de montrer simultanément les multiples facettes de sa démarche, qu'elle soit littéraire ou qu'elle s'intéresse aux autres arts.
Chez Novarina, on navigue entre textes, dialogues de théâtre, dessins, peintures, travaux sur palette graphique ou encore performances. Christian Combaz propose également une galerie de dessins. Francis Mizio évoquait ses activités liées à l'écriture : "Cinéma Télé", "Café théâtre", "Ateliers d'écriture"… François Bon expose de la même manière les diverses facettes de ses travaux. La rubrique "Théâtre" est particulièrement riche : textes à télécharger, agenda, liens, articles, critiques, réflexions, études, croquis de mise en scène, liens…

Cette diversité a trouvé avec Internet le support adéquat. Cet outil multimédia permet d'associer facilement des images et du son au texte, puis de les traiter à volonté. Il permet aussi de stocker en toute simplicité des milliers de pages de documents.

Si les pages personnelles ont pour fonction de s'exposer soi-même, elles servent aussi à exposer les écrits d'autres auteurs et à mettre de la littérature en français sur le réseau mondial. Plusieurs sites d'écrivains se donnent donc pour objectif d'assurer sur le web "une présence liée à la langue".
Ainsi, François Bon estime que "nous avons une responsabilité, nous auteurs, avec les universitaires, de monter au créneau" ; " tout de suite, j'ai mis des textes de copains, Bergounioux, Michon, Rouaud, Echenoz... Depuis six mois, j'ai enregistré 3 600 entrées dont 60 % de Français seulement". Son site personnel prend acte de cette responsabilité et déploie sur des dizaines de pages un riche panorama de la littérature française, en particulier contemporaine. "La phrase du jour" constitue un roman de phrases en constante évolution, au fil des citations "précédemment en ligne". "Ça remue encore !" propose de la littérature française contemporaine. Voici quelques uns des auteurs mis en ligne : Christophe Bailly, Pierre Bergougnioux, Maurice Blanchot, Patrick Cahuzac, Patrick Chamoiseau, Didier Daeninckx, Jean Echenoz, Edmond Jabès, Bernard-Marie Koltès, Joris Lacoste, Jean-Michel Maulpoix, Pierre Michon, Valère Novarina, Jacques Roubaud, Jean Rouaud, Claude Simon, Tanguy Viel… La section "Rabelais, d'Aubigné, Balzac etc." donne à lire et à télécharger des textes numérisés ainsi que des adresses où en trouver d'autres anthologies. Des dossiers monographiques proposent des revues de textes et de web pour découvrir et mieux connaître certains des auteurs classiques français. Ainsi, "Amitié pour Baudelaire" égrène une sélection bibliographique, un article rare de Proust sur Baudelaire et une ouverture originale de l'auteur : pour dépasser les classiques poèmes, le site invite à lire des articles de Baudelaire sur l'art, tels que "Le public moderne et la photographie". On découvre également l'œuvre du traducteur de Poe : une version bilingue est accompagnée de son étude et de sa notice. Enfin, une sélection de liens indiquent les ressources de l'Internet sur le poète.

Trois des rubriques de Tanguy Viel concouraient à la présence du français sur le réseau. La "Bibliothèque" propose des "Fragments (ou cristaux) de la littérature constituée". "Auteurs" montre le travail "d'autres écrivains vivants et écrivants qui écrivent". Enfin, "Hommage" suit à la trace Don Quichotte de la Manche à travers la littérature et les critiques.

Les sites d'écrivain doivent donc être envisagés en termes de présence et d'exposition. Etre sur la Toile par devoir de modernité, mettre de la littérature française en ligne pour résister à l'uniformisation du réseau, donner à lire ses propres écrits lorsqu'ils ne sont plus en librairie… en somme il s'agit surtout d'exister.
Parfois l'expérience tourne court et le site ferme. Celui de Tanguy Viel, dont l'intitulé indiquait "on s'y met tous mais c'est dur", n'a pas résisté longtemps contre l'adversité technologique et a été mis en panne en janvier 2001. Thierry Beinstingel a dit avoir été très frappé à l'époque par cette expérience "car c'était le premier qui lâchait prise". Lors de notre entretien, il a analysé cet abandon par la difficulté qu'aurait Tanguy Viel à s'exposer. Dans les archives 2002 des "Etonnements", Thierry Beinstingel fait part du même pincement de cœur lorsque Jacques Bon arrête "La Petite Fabrique" :
"Et voilà, cela fait un choc et pas seulement virtuel […] Et ça s'arrête… Les motivations sont à peu près les mêmes que celles de Tanguy Viel et également écrites dans un petit mot d'adieu : Internet, c'était nouveau, on a défriché (avez-vous remarqué combien défricher et déchiffrer sont proches ?) comme les pionniers au Far West et on se trouve maintenant devant la vaste étendue de désert qui s'organise, la grande rue, le Saloon en face du Croque-mort, la banque, la prison, on est un peu pris de vertige, quoi faire d'autre ? On est en proie à des sentiments contradictoires : que va devenir Internet-ville ? Un paradis ? Une ville fantôme en proie aux vautours ? Et nous dedans ? Quelle profession ? Shérif ? Pasteur ? Colporteur en élixirs miraculeux ? Allons, allons, il est temps de partir : on ferme le site."

Internet évolue rapidement : d'année en année, il s'inscrit de plus en plus dans la vie quotidienne et change de visage, de forme et d'esprit. Si ces fermetures de site sont imputées à la "domestication" croissante de l'Internet, d'autres résultent du manque de temps ou de motivation. Ainsi, au printemps 2004, francismizio.net a aussi arrêté ses activités. Ce site incroyablement dense pour un unique animateur était devenu trop important, presque ingérable :
"Depuis deux ans, je n'ai guère le temps et l'énergie de faire vivre ce site 'comme avant'. Cela faisait des mois qu'ici ça vivotait et que je prévenais de mon projet d'y mettre fin. Voilà qui est fait. Un soir où je suis plus résolu qu'un autre, et hop. Je préfère un site fermé qu'un site statique, mort ou en déshérence.
"

La plasticité d'Internet est en effet à double tranchant : le créateur peut vite se laisser dépasser par sa créature lorsqu'elle prend trop d'ampleur. L'écrivain ne peut continuer seul et doit s'entourer d'une équipe pour continuer de faire vivre le site. François Bon explique que "rester seul à gérer remue.net me condamnait au repli" : il a donc créé remue.net association en septembre 2001.

Fermeture, association, continuation solitaire : comment expliquer les fortunes diverses des sites d'écrivains ? Les questions d'ordre technique ne sont plus un obstacle à la création de site : il est très facile de réaliser des pages avec du texte et des photos. La concurrence que se livrent les hébergeurs ont fait chuter les prix et pour 15 euros on dispose déjà d'un nom de domaine et d'un espace conséquent. Il n'y a donc pas non plus de réel obstacle financier. La seule difficulté est de trouver le temps et… l'envie de se consacrer aux actualisations.
La motivation est un facteur central ; un auteur qui entretient un simple "site vitrine" peut difficilement se passionner pour cette tâche. Les écrivains qui maintiennent leur site à flot ont donc trouvé d'autres fonctions à leurs pages personnelles : pour Thierry Beinstingel, c'est une "tentative d'exposition du travail littéraire" , François Bon quant à lui souhaite "utiliser le potentiel créatif d'Internet pour que le réseau innove en matière de contact direct avec les écrivains, mette en relation directe avec leur atelier, voire leur table de travail" tandis que pour Jean-Michel Maulpoix il s'agit de "ne pas substituer Internet au livre, mais de faire plutôt en sorte que celui-là facilite ou accompagne l'accès à celui-ci".

Le pari que font ces écrivains est donc d'ouvrir le texte au-delà de son contexte et d'exposer sa génétique, soit dans l'après-coup, soit au cours même de la création. Ainsi, l'auteur invite le lecteur à entrer dans le vif du livre au lieu de s'arrêter à ses manifestation péritextuelles (critiques…). Cette entrée dans le texte est un accès ouvert par Internet. Grâce au réseau, la communication est rétablie entre l'auteur et le lecteur. Il réinstaure des liens directs entre ces deux pôles. Ces liens avaient disparu depuis l'avènement de l'édition de masse et la main-mise du commercial dans le littéraire : les pôles auteur / lecteurs étaient cantonnés aux extrémités opposées du champ littéraire.

SUITE   B. Un champ recentré sur les relations littéraires : l'auteur retrouvé