A. Un champ recentré sur l'écriture : l'auteur exposé
Les sites web
consacrés à des écrivains sont très
nombreux. Libération en a publié une sélection
qui donne un bon aperçu de la diversité littéraire
déployée sur la Toile. Les auteurs en "A"
vont ainsi d'Alphonse Allais à Averroès en passant
par Christine Angot, Louis Aragon, Antonin Artaud ou encore Isaac
Asimov.
Les écrivains
disparus sont relayés par des groupes de recherche, des associations
ou encore des amateurs éclairés. Pour les auteurs
contemporains, on retrouve les mêmes ainsi que les maisons
d'édition, dont les pages détaillent la bibliographie,
donnent quelques extraits et fournissent plus ou moins d'informations
personnelles.
Parmi les amateurs,
L'association des amis de Michel Houellebecq a créé
un site que la présidente, Michelle Levy, a "dédié
à Michel Houellebecq dont l'uvre et la personne illuminent
[s]a vie". Une recherche sur la Toile montre que Houellebecq
et son uvre sont âprement disputés par ses aficionados
: les animateurs du site L'autre Michel Houellebecq ont "fondé
ce site parce que l'A.M.H. ou 'Association des Amis de Michel Houellebecq',
cette 'première association d'amis d'écrivains vivants',
cette 'association de notre temps' est la tartufferie la plus grotesque
qu'on puisse imaginer, la honte du web littéraire".
La publication sur le web est libre tant que les contenus mis en
ligne ne tombent pas sous le coup de la loi : tout un chacun peut
donc monter sa propre tribune mais comme le montre cet exemple de
fâcherie stérile, le littéraire est parfois
perdu au bénéfice de la polémique. On ne sait
pas toujours ce que l'écrivain pense de ce battage autour
de lui et de son uvre.
Les auteurs
auxquels nous allons nous intéresser sont ceux qui tiennent
eux-mêmes leur site Internet. Se mettre ou ne pas se mettre
en ligne : la question mérite d'être posée car
l'exposition d'un écrivain est toujours médiatisée.
On parle de lui, on le fait parler
Sa parole, dans un contexte
médiatique, est rarement libre : les publications et les
diffusions d'entretiens sont soumises aux lois du genre. Que ce
soit dans les excès de discrétion ou d'exhibition,
le rapport aux médias n'est, de plus, jamais découplé
des questions d'image et de promotion. Pour être interviewé,
il faut une actualité ou bien être un "bon client"
médiatique. De plus, les lignes éditoriales ajoutées
au format restreint des articles et des émissions empêchent
le plus souvent de faire une prestation personnelle ou d'entrer
dans les détails d'une création, d'une problématique.
Pour un écrivain, l'accès au public est soumis à
de multiples relais qui le cantonnent à faire de la représentation.
Avec Internet, il a la possibilité d'entrer directement en
contact avec son lectorat et de s'exposer comme il le souhaite.
La décision
de créer un site n'est pas à prendre à la légère.
L'engagement personnel et technologique que nécessite la
création d'un site chasse toute idée de dilettantisme.
Les motivations sont très diverses. Pour le poète
Jean-Michel Maulpoix, la création de pages personnelles relève
presque d'un devoir de modernité :
"D'autres motifs ou mobiles sont venus se conjuguer à
cette espèce d'amicale contagion initiale. Par exemple, une
espèce d'excitation trouble à être présent
"sur la toile". Nulle part et mondial tout à coup.
Encore un peu plus contemporain. Un peu plus là dans le nulle
part."
Aujourd'hui
la Toile est un média reconnu par la plupart des gens. La
position de Jean-Michel Maulpoix, résolument tournée
vers une certaine idée de la contemporanéité,
a pourtant causé un petit choc culturel "à Paris,
au quartier latin, rue de Verneuil, dans la 'Maison des écrivains'
(et si compréhensivement accueillant que soit ce lieu)",
et "on se trouve enclin à plaider : on se sent suspect
d'avoir commis une faute. On a contrevenu aux lois de l'écriture.
D'où effort pour légitimer, se dédouaner...".
Comme les institutions littéraires qui se mettent en ligne
avec force précautions, quelques-uns des hommes de lettres
envisagent encore en terme de dualité la littérature
et les NTIC.
Dans un article de 1999, Florence Noiville dissociait fortement
les auteurs "papier" des expérimentateurs que nous
avons évoqués dans la première partie :
"Les sites des écrivains traditionnels ont pour la plupart
d'entre eux des fins autres que créatives"
Aujourd'hui
les "écrivains traditionnels" ne se limitent pas
à faire de leur site une simple vitrine de leur bibliographie.
Ils en font une véritable plateforme modelée à
leur image.
L'intitulé des sites est une bonne introduction à
l'esprit développé par l'auteur :
"Le
Site Officiel de Francis MIZIO"
Pour Francis
Mizio, auteur de romans policiers, les majuscules et la formule
consacrée site officiel accusent la vanité de l'expression.
Cette ironie annonce la tonalité très iconoclaste
du site (et plus généralement de ses livres).
"Feuilles
de route"

Thierry Beinstingel
publie des " Feuilles de route " hebdomadaires depuis
la parution de son premier livre en 2000. Ce site " purement
personnel sans préoccupation esthétique ou graphique
" emprunte son nom à un poème de Blaise Cendrars.
Dans une veine très différente, l'intitulé
est donc aussi expressif que le premier : il traduit par une référence
personnelle une idée de voyage dont l'auteur a fait sa démarche
web : " on part, on ne sait pas où on va " . L'idée
de feuilles de route semble plus adéquate à l'auteur
car l'entreprise qu'il mène est " quelque chose dont
on ne voit pas forcément le bout ". Des carnets de route,
à l'inverse, implique une fin, " quelque chose que l'on
regarde après l'avoir fini ". Les textes que Thierry
Beinstingel publie dans ses pages personnelles sont écrits
sur le vif et il ne les retouche jamais. Ils forment le témoignage
d'une démarche au jour le jour.
"François
Bon, pages personnelles"

Ce troisième
intitulé est plus sobre que les précédents
mais il donne en quatre mots la nature exacte de l'objet. L'idée
de " pages " évoque un espace plus réduit,
plus intime que celle de site. La qualification " personnelles
" renforce ce sentiment et donne au visiteur l'impression d'entrer
chez quelqu'un, en l'occurrence de pénétrer dans l'intériorité
de François Bon. Le site initial de l'auteur, remue.net,
est devenu celui de l'association éponyme ; l'écrivain
n'a gardé qu'une petite section pour son usage.
Jean-Michel
Maulpoix et Cie
poésie, prose critique littéraire"

Le poète
s'inscrit dans le collectif " et Cie " que ne dément
pas le sommaire : des anthologies, des lectures et des cours sont
publiés sur le site parallèlement aux travaux personnels
de l'auteur. Ces deux champs sont répartis comme l'indique
le titre " poésie, prose critique littéraire
" : le côté gauche de la page se réserve
aux publications personnelles tandis que le côté droit
ouvre ses perspectives à d'autres poètes et époques.
Cet aperçu
montre qu'il y a autant de sites d'écrivain que d'écrivains
: la personnalité des auteurs est fortement reflétée
par le style du site. Cependant, si on constate de nettes divergences
sur la forme, le fond des sites et notamment leurs fonctions traduisent
des préoccupations communes.
Les pages personnelles
d'auteurs ont pour principale fonction l'exposition de l'écrivain
et de sa production : biographie, bibliographie, publication d'extraits,
d'uvres complètes ou d'inédits, archivage de
critiques, de documents préparatoires, annonces de rencontres,
de projets, de sorties
Ainsi, François Bon, Christian Combaz, Renaud Camus ou encore
Valère Novarina mettent à la disposition du public
des informations sur eux-mêmes et sur leur uvre, de
manière plus ou moins étendue.
Ainsi le site de Christian Combaz est axé sur sa bibliographie
:
"Christian Combaz Bibliographie - Extraits"
A la journaliste Florence Noiville, il expose la situation problématique
à laquelle sont confrontés les auteurs contemporains
en librairie :
"Le système de la vente de livres est devenu absurde.
La rapidité de rotation est telle que les trois quarts des
écrivains de mon âge, qui ont une dizaine d'ouvrages
derrière eux, n'en ont que deux en librairie. 80 % de leur
production est morte. Internet est une vitrine pour ce travail qui,
sans cela, passerait aux oubliettes."
Pour lui, Internet sert surtout à rendre accessible la part
non exploitée d'une uvre. Le site remplit parfaitement
cette fonction :
"pour consulter un extrait de chaque oeuvre, prière
de cliquer sur son titre"
Il propose d'autre part deux romans en "version intégrale
à télécharger" : Lettre à Raymond
qui ne croit pas au bon Dieu et De l'Est, de la peste et
du reste.
La rubrique
"Textes" de Tanguy Viel était faite d'"Ecrits
personnels et pour la plupart non industriels". L'intérêt
de cette "publication" sur le site personnel est de rendre
publics des écrits qui ne pourraient être publiés
de manière traditionnelle, qu'ils soient trop courts pour
être publiés seuls ou trop disparates pour constituer
un recueil.
Ce hors champ
prend place également chez François Bon, qui propose
sous le titre "Archives personnelles" un "Petit musée
des textes personnels introuvables". La mise en ligne de travaux
inédits participe de l'éclairage de l'auteur. Les
recherches et les degrés d'aboutissement successifs d'un
roman, les textes contemporains de la rédaction d'un roman
publié, des essais, des articles... sont autant d'approches
originales sur une uvre calibrée par l'éditeur
:
"En tant qu'auteur, utiliser l'outil Internet pour une sorte
de visite d'atelier, mettre à disposition autour de mes livres
ce qui en est le substrat me semble de plus en plus aller de soi.
Ce qui me surprend, c'est qu'on soit encore si peu d'auteurs à
entretenir un site personnel."
Les sites d'écrivain
se situent donc à mi-chemin entre la table de travail et
les publications officielles et évitent à nombre de
textes de rester lettres mortes. Ainsi, les entretiens et les articles
sont rarement rassemblés en volume du vivant de leur auteur,
pourtant, le fond de leur travail y est expliqué. Pour parer
à cet éparpillement et aux pertes que cela constitue
pour le lecteur amateur, les auteurs ont exploité les ressources
de leur site : Christian Combaz a créé sa revue de
presse, Francis Mizio évoquait son cheminement à travers
trois sections : "Bibliographie", "A paraître"
et "En gestation".
La création
d'un site est pour son auteur l'occasion de montrer simultanément
les multiples facettes de sa démarche, qu'elle soit littéraire
ou qu'elle s'intéresse aux autres arts.
Chez Novarina, on navigue entre textes, dialogues de théâtre,
dessins, peintures, travaux sur palette graphique ou encore performances.
Christian Combaz propose également une galerie de dessins.
Francis Mizio évoquait ses activités liées
à l'écriture : "Cinéma Télé",
"Café théâtre", "Ateliers d'écriture"
François Bon expose de la même manière les diverses
facettes de ses travaux. La rubrique "Théâtre"
est particulièrement riche : textes à télécharger,
agenda, liens, articles, critiques, réflexions, études,
croquis de mise en scène, liens
Cette diversité
a trouvé avec Internet le support adéquat. Cet outil
multimédia permet d'associer facilement des images et du
son au texte, puis de les traiter à volonté. Il permet
aussi de stocker en toute simplicité des milliers de pages
de documents.
Si les pages
personnelles ont pour fonction de s'exposer soi-même, elles
servent aussi à exposer les écrits d'autres auteurs
et à mettre de la littérature en français sur
le réseau mondial. Plusieurs sites d'écrivains se
donnent donc pour objectif d'assurer sur le web "une présence
liée à la langue".
Ainsi, François Bon estime que "nous avons une responsabilité,
nous auteurs, avec les universitaires, de monter au créneau"
; " tout de suite, j'ai mis des textes de copains, Bergounioux,
Michon, Rouaud, Echenoz... Depuis six mois, j'ai enregistré
3 600 entrées dont 60 % de Français seulement".
Son site personnel prend acte de cette responsabilité et
déploie sur des dizaines de pages un riche panorama de la
littérature française, en particulier contemporaine.
"La phrase du jour" constitue un roman de phrases en constante
évolution, au fil des citations "précédemment
en ligne". "Ça remue encore !" propose de
la littérature française contemporaine. Voici quelques
uns des auteurs mis en ligne : Christophe Bailly, Pierre Bergougnioux,
Maurice Blanchot, Patrick Cahuzac, Patrick Chamoiseau, Didier Daeninckx,
Jean Echenoz, Edmond Jabès, Bernard-Marie Koltès,
Joris Lacoste, Jean-Michel Maulpoix, Pierre Michon, Valère
Novarina, Jacques Roubaud, Jean Rouaud, Claude Simon, Tanguy Viel
La section "Rabelais, d'Aubigné, Balzac etc." donne
à lire et à télécharger des textes numérisés
ainsi que des adresses où en trouver d'autres anthologies.
Des dossiers monographiques proposent des revues de textes et de
web pour découvrir et mieux connaître certains des
auteurs classiques français. Ainsi, "Amitié pour
Baudelaire" égrène une sélection bibliographique,
un article rare de Proust sur Baudelaire et une ouverture originale
de l'auteur : pour dépasser les classiques poèmes,
le site invite à lire des articles de Baudelaire sur l'art,
tels que "Le public moderne et la photographie". On découvre
également l'uvre du traducteur de Poe : une version
bilingue est accompagnée de son étude et de sa notice.
Enfin, une sélection de liens indiquent les ressources de
l'Internet sur le poète.
Trois des rubriques
de Tanguy Viel concouraient à la présence du français
sur le réseau. La "Bibliothèque" propose
des "Fragments (ou cristaux) de la littérature constituée".
"Auteurs" montre le travail "d'autres écrivains
vivants et écrivants qui écrivent". Enfin, "Hommage"
suit à la trace Don Quichotte de la Manche à travers
la littérature et les critiques.
Les sites d'écrivain
doivent donc être envisagés en termes de présence
et d'exposition. Etre sur la Toile par devoir de modernité,
mettre de la littérature française en ligne pour résister
à l'uniformisation du réseau, donner à lire
ses propres écrits lorsqu'ils ne sont plus en librairie
en somme il s'agit surtout d'exister.
Parfois l'expérience tourne court et le site ferme. Celui
de Tanguy Viel, dont l'intitulé indiquait "on s'y met
tous mais c'est dur", n'a pas résisté longtemps
contre l'adversité technologique et a été mis
en panne en janvier 2001. Thierry Beinstingel a dit avoir été
très frappé à l'époque par cette expérience
"car c'était le premier qui lâchait prise".
Lors de notre entretien, il a analysé cet abandon par la
difficulté qu'aurait Tanguy Viel à s'exposer. Dans
les archives 2002 des "Etonnements", Thierry Beinstingel
fait part du même pincement de cur lorsque Jacques Bon
arrête "La Petite Fabrique" :
"Et voilà, cela fait un choc et pas seulement virtuel
[
] Et ça s'arrête
Les motivations sont
à peu près les mêmes que celles de Tanguy Viel
et également écrites dans un petit mot d'adieu : Internet,
c'était nouveau, on a défriché (avez-vous remarqué
combien défricher et déchiffrer sont proches ?) comme
les pionniers au Far West et on se trouve maintenant devant la vaste
étendue de désert qui s'organise, la grande rue, le
Saloon en face du Croque-mort, la banque, la prison, on est un peu
pris de vertige, quoi faire d'autre ? On est en proie à des
sentiments contradictoires : que va devenir Internet-ville ? Un
paradis ? Une ville fantôme en proie aux vautours ? Et nous
dedans ? Quelle profession ? Shérif ? Pasteur ? Colporteur
en élixirs miraculeux ? Allons, allons, il est temps de partir
: on ferme le site."
Internet évolue
rapidement : d'année en année, il s'inscrit de plus
en plus dans la vie quotidienne et change de visage, de forme et
d'esprit. Si ces fermetures de site sont imputées à
la "domestication" croissante de l'Internet, d'autres
résultent du manque de temps ou de motivation. Ainsi, au
printemps 2004, francismizio.net a aussi arrêté ses
activités. Ce site incroyablement dense pour un unique animateur
était devenu trop important, presque ingérable :
"Depuis deux ans, je n'ai guère le temps et l'énergie
de faire vivre ce site 'comme avant'. Cela faisait des mois qu'ici
ça vivotait et que je prévenais de mon projet d'y
mettre fin. Voilà qui est fait. Un soir où je suis
plus résolu qu'un autre, et hop. Je préfère
un site fermé qu'un site statique, mort ou en déshérence."
La plasticité
d'Internet est en effet à double tranchant : le créateur
peut vite se laisser dépasser par sa créature lorsqu'elle
prend trop d'ampleur. L'écrivain ne peut continuer seul et
doit s'entourer d'une équipe pour continuer de faire vivre
le site. François Bon explique que "rester seul à
gérer remue.net me condamnait au repli" : il a donc
créé remue.net association en septembre 2001.
Fermeture, association,
continuation solitaire : comment expliquer les fortunes diverses
des sites d'écrivains ? Les questions d'ordre technique ne
sont plus un obstacle à la création de site : il est
très facile de réaliser des pages avec du texte et
des photos. La concurrence que se livrent les hébergeurs
ont fait chuter les prix et pour 15 euros on dispose déjà
d'un nom de domaine et d'un espace conséquent. Il n'y a donc
pas non plus de réel obstacle financier. La seule difficulté
est de trouver le temps et
l'envie de se consacrer aux actualisations.
La motivation est un facteur central ; un auteur qui entretient
un simple "site vitrine" peut difficilement se passionner
pour cette tâche. Les écrivains qui maintiennent leur
site à flot ont donc trouvé d'autres fonctions à
leurs pages personnelles : pour Thierry Beinstingel, c'est une "tentative
d'exposition du travail littéraire" , François
Bon quant à lui souhaite "utiliser le potentiel créatif
d'Internet pour que le réseau innove en matière de
contact direct avec les écrivains, mette en relation directe
avec leur atelier, voire leur table de travail" tandis que
pour Jean-Michel Maulpoix il s'agit de "ne pas substituer Internet
au livre, mais de faire plutôt en sorte que celui-là
facilite ou accompagne l'accès à celui-ci".
Le pari que
font ces écrivains est donc d'ouvrir le texte au-delà
de son contexte et d'exposer sa génétique, soit dans
l'après-coup, soit au cours même de la création.
Ainsi, l'auteur invite le lecteur à entrer dans le vif du
livre au lieu de s'arrêter à ses manifestation péritextuelles
(critiques
). Cette entrée dans le texte est un accès
ouvert par Internet. Grâce au réseau, la communication
est rétablie entre l'auteur et le lecteur. Il réinstaure
des liens directs entre ces deux pôles. Ces liens avaient
disparu depuis l'avènement de l'édition de masse et
la main-mise du commercial dans le littéraire : les pôles
auteur / lecteurs étaient cantonnés aux extrémités
opposées du champ littéraire.
SUITE B.
Un champ recentré sur les relations littéraires : l'auteur
retrouvé
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